Vignoble de Boudes, vignoble ancien ? Contrairement aux autres appellations locales des côtes d’Auvergne, le nom de Boudes n’apparaît pas dans les documents historiques attestant l’ancienneté du vignoble auvergnat alors qu’on y retrouve souvent celui de Chalus. Louis Levadoux donne une explication fort simple : Boudes étant rattaché à la Châtellenie de Chalus, celle-ci, par son importance à l’époque, donna son nom à l’aire d’appellation, ainsi sans nul doute, le vignoble de Boudes a la même antériorité que ses voisins.
En se fiant aux relevés fiscaux- les livres de taille – il semble que le vignoble comptait environ 90 hectares en 1770. La polyculture était le mode agraire communément appliqué en Auvergne, cependant le cours élevé atteint par le vin a eu pour effet d’augmenter la surface encépagée d’une trentaine d’hectares avant la fin du siècle.
Il n’en reste pas moins que la plupart des parcelles présentent une surface modeste - moins de 10 ares – et qu’un grand nombre d’entre elles sont minuscules : surface inférieure à une œuvre, soit 5,6 hectares.
La progression du vignoble de Boudes au XIXème suit celle de l’Auvergne : la superficie représente 155 hectares en 1840 pour attendre 322 hectares en 1892 quand elle s’élevait à 45000 hectares pour l’ensemble du département du Puy -de –Dôme !
Naturellement le déclin de l’activité viticole qui frappa le département au XXème siècle pour les raisons bien connues(phylloxéras,Grande Guerre, développement industriel) n’épargnera pas ce vignoble, 130 hectares en 1930, 65 hectares en 1963 et 50 hectares actuellement .
Les hommes
A Boudes, en 1740, 18% du sol appartient aux nobles, 18% également aux bourgeois, 5% à l’église, 53% aux paysans domiciliés à Boudes et 6% aux « forains » habitant hors la commune . On voit donc que les paysans détiennent la majorité des terres viticoles mais étant nombreux, chacun en moyenne dispose d’une surface relativement restreinte, moins d’un demi hectare. Ce qui n’était pas le cas de Madame de Sainte- Colombe .Seigneur de Boudes durant la première moitié du XVIIIéme qui possédait une centaine d’œuvres.
Toutefois l’embellie des années 1850-1890 a permis l’enrichissement relatif de la population viticole mis en relief par un patrimoine architectural qui témoigne de la prospérité de Boudes avant le phylloxéra.
On peut encore observer des maisons vigneronnes bâties sur le cuvage voûté sous lequel se trouve la cave. On accède à l’étage par un escalier en pierre accroché à l’exterieur.
Aujourd’hui, les vignerons de Boudes, riches de leur passé, sont les garants de la qualité de leur vin, ils en tirent une fierté et sont prêt à défendre âprement les caractéristiques de leur terroir.